La madrasa de Buruji à Sivas : un joyau de l'architecture seldjoukide

La madrasa de Buruji : une porte ouvragée vers la science seldjoukide à Sivas

Lorsque l'on arrive sur la place Kent Meydanı à Sivas et que l'on lève les yeux, le portail de la madrasa Burujie nous arrête littéralement : les muqarnas au-dessus de l'entrée forment une dentelle de pierre continue, tandis que des étoiles géométriques et des spirales en relief recouvrent chaque centimètre de l'encadrement. Ce n'est pas de la décoration, c'est de la mathématique figée dans la pierre. La madrasa Burujie a été construite en 1271 sous le sultan seldjoukide Ghiyas al-Din Kaykhusrev III, à la demande de Muzaffer Burujerdi, un savant originaire de la ville perse de Boruj, près de Hamadan, venu à Sivas pour enseigner la physique, la chimie et l’astronomie. Aujourd’hui, la madrasa fonctionne comme un centre d’éducation religieuse et culturelle, où l’on enseigne toujours la calligraphie, l’ebru et le luth, tandis que le Coran y est lu quotidiennement dans le mausolée. Parmi toutes les madrasas d’Anatolie, celle-ci est d’une symétrie exemplaire, d’un style seldjoukide exemplaire.

Histoire et origine de la madrasa de Buruji

1271. Le sultanat seldjoukide de Roum traverse une période difficile : la pression mongole s'intensifie, le pouvoir central s'affaiblit. Mais à Sivas, on continue de construire. Muzaffer ibn Ibadullah al-Mufaddal al-Burujirdi — tel est le nom complet du commanditaire, gravé sur la frise de l'édicule funéraire — est venu de Boruj (en persan : Borujerd), près de Hamadan, dans l'ouest de l'Iran. C'était un érudit, familier avec la tradition des madrasas persanes, et il souhaitait créer à Sivas un lieu où seraient enseignées les « sciences positives » — la physique, la chimie, l'astronomie, ce que nous appellerions aujourd'hui une faculté des sciences naturelles.

La madrasa a été construite en 670 de l'Hégire (1271 de notre ère) sous le règne de Ghiyath al-Din Kaykhusrev III (1265–1284). Son emplacement dans le quartier d'Eskikale, sur la place de la ville, à proximité de deux autres grandes madrasas — Çifte Minareli et Şifaiye —, indique que ce quartier était le centre culturel de la Sivas médiévale. Les trois madrasas se trouvent à quelques centaines de mètres les unes des autres : il est évident que toute la rue fonctionnait comme une sorte de campus universitaire.

Le nom de l'architecte n'a pas été conservé. Cependant, le bâtiment s'inscrit clairement dans la tradition des madrasas turques d'Asie centrale : quatre iwans autour d'une cour ouverte, un plan symétrique, proche du carré. Ce n'est pas un hasard : les Seldjoukides sont venus d'Asie centrale et ont apporté avec eux ce schéma d'aménagement qui s'est ensuite répandu dans tout le monde musulman.

Après la suppression du système des madrasas dans les années 1920, le bâtiment s'est vidé et a commencé à se délabrer — la mezzanine a été entièrement perdue. De 1956 à 1968, une restauration de grande envergure a été menée : d'abord sous la direction du ministère de l'Éducation, puis du ministère de la Culture, qui a pris la médersa sous sa tutelle en 1957. La mezzanine a été restaurée. En 2005, des travaux de rénovation supplémentaires ont été effectués : les sols ont été consolidés, le système de drainage réparé, les coupoles recouvertes de plomb et le pavage en pierre restauré. Aujourd'hui, le bâtiment appartient à la Direction générale des waqfs et a été transféré au muftiat de Sivas en 2015. La madrasa a été proposée à l'UNESCO comme candidate au patrimoine mondial — la candidature a été inscrite sur la liste indicative le 15 avril 2014.

Architecture et points d'intérêt

Les spécialistes de l'histoire de l'architecture qualifient la madrasa de Burujie de « l'un des meilleurs exemples de l'architecture seldjoukide en Anatolie, avec les éléments architecturaux et les ornements les plus harmonieux et les plus complets ». Ce n'est pas de la rhétorique : le bâtiment se distingue véritablement parmi les madrasas de Sivas par la rigueur de ses proportions et la minutie de ses finitions.

Le portail principal et les moukarnaas

L'entrée principale se trouve à l'ouest, côté rue. L'iwan du portail est orné de moukarnaas qui rappellent une dentelle complexe : des figures géométriques imbriquées les unes dans les autres avec une précision mathématique. Les dimensions de l'iwan sont de 6,50 mètres sur 7,80 mètres. De part et d'autre de la porte, on trouve deux fenêtres avec des niches à moukarnaas et deux pylônes angulaires à facettes. L'iwan du portail est entouré de toutes parts d'inscriptions.

Cour ouverte et arcades

Derrière le portail se trouve une cour ouverte avec des arcades d'environ 1,10 mètre de large de part et d'autre. Les arcs en ogive des galeries s'appuient sur des colonnes rondes de 270 cm de haut et d'environ 45 cm de diamètre. Certaines chapiteaux sont de style corinthien, d’autres portent des monogrammes byzantins : il s’agit de « spolia », c’est-à-dire de pierres provenant de constructions antérieures. C’est un véritable mystère dans la pierre : des fragments de plusieurs époques réunis dans une seule arcade.

Huit cellules d'étude

Huit hujr — des cellules d'habitation et d'étude pour les étudiants — sont disposées autour de la cour. Chacune s'ouvre sur la cour par une porte, mais ne possède pas de fenêtres. Les cellules situées derrière l'étroite arcade sont surmontées de voûtes cylindriques. Dans les cellules situées de part et d'autre du portail principal, des escaliers mènent au toit, vers des pièces en mezzanine dotées de fenêtres.

Le mausolée et les carreaux de faïence

À gauche du portail principal se trouve le mausolée du commanditaire et de ses enfants. À l'origine, tous les murs du mausolée étaient recouverts de riches carreaux hexagonaux bleus et noirs ; aujourd'hui, une partie des carreaux a été conservée. Le long du bord supérieur des murs de la crypte s'étend une frise portant le nom complet du fondateur, sous des rangées de muqarnas en faïence. Le Coran y est lu quotidiennement, et le son se propage dans tout le bâtiment grâce à un système de sonorisation : les visiteurs entendent la lecture sans entrer dans la crypte.

Bibliothèque et programmes culturels

D'après la vakfiye (acte de fondation), on sait qu'il y avait à l'origine une bibliothèque dans la madrasa. Aujourd'hui, le bâtiment abrite deux salles de lecture, des ateliers de calligraphie, d'ebru (peinture sur l'eau), de tajwid (lecture mélodique du Coran), d'arabe et de turc, ainsi que des cours sur le tafsir, les hadiths et la guitare. On offre gratuitement du thé aux visiteurs — une belle tradition de l'hospitalité anatolienne.

Faits intéressants et légendes

  • Les murs de la madrasa Burujie ont une épaisseur comprise entre 115 et 150 centimètres selon leur emplacement : il ne s'agit pas simplement d'une technique de construction, mais d'un héritage direct de la tradition des madrasas d'Asie centrale, où les murs épais protégeaient de la chaleur estivale et du froid hivernal.
  • Une partie des chapiteaux des colonnes dans les arcades de la cour sont de style corinthien, manifestement provenant de ruines plus anciennes. D'autres portent des monogrammes byzantins. Ainsi, trois époques architecturales cohabitent dans un même madrasa : l'Antiquité, Byzance et l'islam seldjoukide.
  • Dans le mausolée du commanditaire, les récitants du Coran se relaient quotidiennement — chaque jour, c'est un nouveau religieux. Le son est diffusé dans tout le bâtiment par des haut-parleurs, et les visiteurs de la madrasa entendent la lecture où qu'ils se trouvent. Pour les touristes non musulmans, c'est une expérience inhabituelle et mémorable.
  • La madrasa figure sur la liste indicative de l'UNESCO depuis 2014 — aux côtés de Çifte Minareli et Şifaiye, au sein du complexe du « quartier culturel » de Sivas. Si la candidature est retenue, l'ensemble du centre historique de la ville bénéficiera d'un statut de protection.
  • Parmi les madrasas d'Anatolie, celle de Burujie se distingue par la symétrie la plus parfaite de son plan. Les spécialistes expliquent cela par le fait que le commanditaire — un scientifique iranien spécialisé dans les sciences naturelles — a délibérément reproduit le schéma idéal d'une madrasa d'Asie centrale à quatre iwans, plutôt que de l'adapter aux conditions locales.

Comment s'y rendre

La madrasa de Burujie est située sur la place Kent Meydanı, dans le quartier d'Eskikale, au centre de Sivas. L'aéroport le plus proche est celui de Sivas Nuri Demirağ (VAS), qui accueille des vols en provenance d'Istanbul (IST et SAW) et d'Ankara. La durée du vol depuis Istanbul est d'environ 1 h 20. Depuis l'aéroport jusqu'au centre de Sivas, il faut compter environ 15 à 20 minutes en taxi ou en bus urbain.

Depuis Ankara, on peut s'y rendre en train : gare d'Ankara Gar – Sivas, durée du trajet d'environ 5 à 6 heures en train régulier TCDD. Des compagnies d'autocars (Metro, Kamil Koç et autres) assurent quotidiennement des liaisons entre Ankara, Istanbul et Sivas. À Sivas même, les trois madrasas historiques — Burujiye, Çifte Minareli et Şifaiye — sont situées sur la même place, Kent Meydanı, à quelques minutes à pied les unes des autres : il est possible de les visiter toutes les trois en une seule journée.

Conseils aux voyageurs

La madrasa Burujie est ouverte tous les jours, l'entrée est gratuite. Le personnel vous proposera du thé — n'hésitez pas à l'accepter : cela fait partie de la tradition d'hospitalité. À l'intérieur, il convient de respecter le silence, en particulier lors de la lecture du Coran dans la crypte.

Le meilleur moment pour photographier la façade est en début de journée, lorsque le soleil frappe directement le portail et que les muqarnas projettent des ombres profondes. L'éclairage du soir est chaleureux, mais fait perdre du relief. Prévoyez au moins 45 à 60 minutes pour la madrasa Burujiye, et une demi-journée si vous souhaitez visiter les trois madrasas du quartier. À Sivas même, il y a plusieurs bons hôtels dans le centre ; la ville est petite et facile à découvrir par soi-même.

Combinez cette visite avec celle de la Çifte Minareli Medrese (la medrese aux deux minarets, le site le plus photogénique de la ville) et de la Şifaiye Medresesi (une medrese-hôpital du XIIIe siècle) : les trois se trouvent à une centaine de mètres les unes des autres. À deux quartiers de là se trouve également la Grande Mosquée Ulu Cami, datant du XIIe siècle. Pour les amateurs d'architecture seldjoukide, Sivas est une étape incontournable sur la route entre Ankara et Erzurum. Venez au printemps (avril-mai) ou au début de l'automne (septembre-octobre) : l'été y est chaud et sec, l'hiver rigoureux. C'est précisément pendant la douceur de l'entre-saison que le portail de la madrasa Burujie se révèle le mieux : chaque motif des muqarnas, baigné de la douce lumière anatolienne, apparaît comme un chef-d'œuvre à part entière d'art appliqué.

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Foire aux questions — La madrasa de Buruji à Sivas : un joyau de l'architecture seldjoukide Réponses aux questions fréquemment posées sur La madrasa de Buruji à Sivas : un joyau de l'architecture seldjoukide. Informations sur le fonctionnement, les possibilités et l'utilisation du service.
La madrasa de Burujie est une école islamique médiévale construite en 1271 à Sivas, à l'époque du sultanat seldjoukide de Rûm. La principale caractéristique du bâtiment est son portail à mouqarnas d'une complexité exceptionnelle : des étoiles géométriques, des spirales en relief et des voûtes stalactites à plusieurs niveaux recouvrent chaque centimètre de l'encadrement de l'entrée. Les spécialistes de l'histoire de l'architecture la considèrent comme l'un des plus beaux exemples de l'architecture seldjoukide en Anatolie grâce à la symétrie rigoureuse de son plan et à la minutie de ses finitions.
La madrasa fut construite à la demande de Muzaffar ibn Ibadullah al-Borujirdi, un érudit originaire de la ville persane de Borujerd, près de Hamadan. Il vint à Sivas avec l'intention d'ouvrir un lieu où seraient enseignées les « sciences positives » : la physique, la chimie et l'astronomie. Il s'agissait en fait d'un prototype de faculté des sciences naturelles selon les normes du XIIIe siècle. Le nom complet du fondateur est gravé sur la frise de l'édicule funéraire à l'intérieur de la madrasa.
Les moulures en forme de prismes (mukarnas) constituent un ensemble de cellules tridimensionnelles qui surplombent l'entrée à la manière d'une dentelle de pierre. Il ne s'agit pas simplement d'un élément décoratif : chaque élément est construit selon les lois mathématiques de la géométrie. À la madrasa de Burujie, les muqarnas du portail principal sont considérés comme les plus complexes et les mieux conservés de toutes les madrasas seldjoukides d'Anatolie. C'est précisément pour cette raison que le portail est devenu le symbole du bâtiment et l'un des principaux points d'attraction pour les photographes et les chercheurs en architecture.
Les arcades de la cour intérieure sont ornées de colonnes dont les chapiteaux proviennent manifestement de constructions antérieures — ce que l'on appelle des spolia. Certaines chapiteaux sont de style corinthien (type antique), d'autres portent des monogrammes byzantins. Ainsi, trois époques architecturales cohabitent dans un même édifice : l'Antiquité, Byzance et l'islam seldjoukide. Cela fait de cette madrasa un témoignage unique de la superposition culturelle — une sorte de roman policier gravé dans la pierre.
Ce n'est pas encore le cas, mais la Medrese Buruji figure sur la liste indicative de l'UNESCO depuis le 15 avril 2014, aux côtés des Medreses Çifte Minareli et Şifaiye voisines, au sein d'un « quartier culturel » unique de Sivas. Si la candidature est approuvée, l'ensemble du centre historique de la ville bénéficiera d'un statut de protection international.
La madrasa de Burudji est une institution culturelle vivante, et non un simple site muséal. Aujourd’hui, elle abrite des ateliers de calligraphie, d’ebru (peinture sur l’eau), de tajwid, d’arabe et de turc, ainsi que des cours de tafsir et de hadiths. Dans le mausolée du commanditaire, des récitants du Coran se relaient quotidiennement — leurs voix sont diffusées dans tout le bâtiment via un système de sonorisation. La madrasa appartient à la Direction générale des vakifs et, depuis 2015, elle est placée sous la tutelle du muftiat de Sivas.
La madrasa de Burudji a été construite selon le schéma classique d'Asie centrale : quatre iwans autour d'une cour ouverte, un plan symétrique proche du carré. Le commanditaire — un scientifique iranien spécialisé dans les sciences naturelles — a délibérément reproduit le schéma idéal de la madrasa iranienne, sans l'adapter aux conditions locales. C'est précisément ce qui explique la symétrie impeccable que les spécialistes considèrent comme exceptionnelle parmi les madrasas anatoliennes de cette période. L'épaisseur des murs atteint 115 à 150 centimètres, ce qui assurait la fraîcheur en été et la chaleur en hiver.
Le mausolée est situé à gauche du portail principal et sert de lieu de sépulture au commanditaire de la madrasa et à ses enfants. À l'origine, tous les murs étaient recouverts de carreaux hexagonaux bleus et noirs ; une partie de ces carreaux a été conservée jusqu'à nos jours. Une frise portant le nom du fondateur court le long du bord supérieur des murs. Il est possible d'entrer dans le mausolée, mais par respect pour la pratique religieuse, il convient de rester silencieux : on y lit le Coran tous les jours.
Oui, selon la wakfiye — l'acte de fondation de la madrasa —, la bibliothèque existait dès la création de l'établissement. Aujourd'hui, le bâtiment abrite deux salles de lecture qui perpétuent cette tradition. De plus, huit khujras — des cellules d'étude et d'habitation pour les étudiants, disposées autour de la cour intérieure — ont été conservées. Elles sont surmontées de voûtes cylindriques et s'ouvrent sur la cour par des ouvertures de porte.
Après la suppression du système des madrasas dans les années 1920, le bâtiment s'est vidé et a commencé à se délabrer ; la mezzanine avait complètement disparu. De 1956 à 1968, une restauration de grande envergure a été menée sous la direction du ministère de l'Éducation, puis du ministère de la Culture : la mezzanine a été reconstruite. En 2005, des travaux supplémentaires ont été effectués : les sols ont été consolidés, le système de drainage réparé, les coupoles recouvertes de plomb et le pavage en pierre restauré. Aujourd'hui, le bâtiment est en bon état.
La madrasa de Burudji est ouverte tous les jours et l'entrée y est entièrement gratuite. Aucune réservation n'est nécessaire. Les visiteurs peuvent se présenter librement à tout moment pendant les heures d'ouverture. Conformément à la tradition, le personnel offre du thé aux visiteurs : c'est un geste d'hospitalité anatolienne qu'il est d'usage de ne pas refuser.
Les trois madrasas se dressent sur la place Kent Meydanı, à quelques centaines de mètres les unes des autres, formant le « quartier universitaire » historique de la Sivas médiévale. La madrasa Çifte Minareli (aux deux minarets) est considérée comme la plus photogénique grâce à ses deux hauts minarets en façade. La Şifaiye Medresesi est une madrasa-hôpital du XIIIe siècle, fondée par le sultan lui-même. La Burujiye se distingue quant à elle par son portail des plus complexes et la symétrie rigoureuse de son plan. Ensemble, elles offrent un aperçu complet de l'apogée de l'architecture seldjoukide en Anatolie centrale.
Guide de l'utilisateur — La madrasa de Buruji à Sivas : un joyau de l'architecture seldjoukide Guide d'utilisation d'La madrasa de Buruji à Sivas : un joyau de l'architecture seldjoukide avec description des principales fonctions, possibilités et principes d'utilisation.
La meilleure période pour s'y rendre est d'avril à mai ou de septembre à octobre. Au printemps et au début de l'automne, la lumière douce met particulièrement bien en valeur le relief des muqarnas du portail. En été, il fait chaud et sec à Sivas ; l'hiver est rigoureux et peut rendre difficile la visite de la place. Si votre objectif est de photographier la façade, prévoyez d'arriver en début de journée : le soleil matinal frappe directement le portail et crée des ombres profondes dans les niches.
L'aéroport le plus proche est celui de Sivas Nuri Demirağ (VAS), qui accueille des vols en provenance d'Istanbul (IST, SAW) et d'Ankara ; le vol depuis Istanbul dure environ 1 h 20. Depuis Ankara, on peut s'y rendre en train TCDD depuis la gare d'Ankara Gar — le trajet dure entre 5 et 6 heures. Les compagnies de bus Metro, Kamil Koç et d'autres assurent des liaisons quotidiennes depuis Ankara et Istanbul. Depuis l'aéroport ou la gare routière jusqu'au centre de Sivas, il faut compter environ 15 à 20 minutes en taxi ou en bus urbain.
La medrese Burujie se trouve sur la place Kent Meydanı, dans le quartier d'Eskikale, le centre historique de Sivas. Le bâtiment est facile à trouver sans GPS : son portail est visible depuis la place. À proximité se trouvent la medrese Çifte Minareli et la medrese Şifaiye : ces trois sites sont accessibles à pied. Il est possible de se garer sur la place et dans les rues adjacentes, mais il est plus pratique de se déplacer à pied dans le centre-ville.
Ne vous précipitez pas pour entrer tout de suite : arrêtez-vous devant le portail et observez l'iwan à muqarnas depuis l'extérieur. L'iwan mesure 6,50 × 7,80 mètres ; sur les côtés, on trouve deux fenêtres à niches et des pylônes angulaires à facettes. Remarquez les frises d'inscription autour du portail et les étoiles géométriques dans l'ornementation. C'est ici que l'on perçoit le mieux la précision mathématique du décor seldjoukide. Prenez des photos de la façade avant d'entrer : à l'intérieur, le décor est tout autre.
En franchissant le portail, vous vous retrouverez dans une cour ouverte bordée d'arcades de part et d'autre. Observez les colonnes : certaines chapiteaux sont de style corinthien, d'autres portent des monogrammes byzantins — il s'agit de spolia provenant de constructions antérieures. Autour de la cour se trouvent huit hujr (cellules d'étude) aux voûtes cylindriques. Dans les cellules situées de part et d'autre du portail, des escaliers mènent au toit. Prenez votre temps : les détails des arcades méritent d'être observés de près.
Le mausolée du commanditaire et de ses enfants se trouve à gauche du portail principal. Entrez, observez les carreaux hexagonaux conservés, de couleur bleue et noire, ainsi que la frise portant le nom du fondateur. Remarque : la lecture du Coran, qui a lieu ici quotidiennement, est diffusée par haut-parleurs dans tout le bâtiment. Ce fond sonore crée l'atmosphère particulière de la madrasa, qu'il convient de savourer en silence.
Le personnel de la madrasa vous proposera du thé gratuitement — n'hésitez pas à l'accepter, c'est une tradition de l'hospitalité anatolienne. Si cela vous intéresse, renseignez-vous auprès du personnel sur les horaires des ateliers ouverts au public : on y organise des cours de calligraphie, d'ebru (peinture sur l'eau) et de tajwid. Parfois, les visiteurs peuvent observer le processus ou même s'y essayer eux-mêmes. L'entrée dans l'ensemble du bâtiment est gratuite.
Après la medrese Burujie, dirigez-vous vers la Çifte Minareli Medrese, le bâtiment le plus photogénique de Sivas, avec ses deux hauts minarets en façade. Visitez ensuite la Şifaiye Medresesi, une medrese-hôpital du XIIIe siècle. À deux pâtés de maisons se trouve la Grande Mosquée Ulu Cami, datant du XIIe siècle. Il vous faudra une demi-journée, avec des pauses, pour visiter l'ensemble du quartier. Prévoyez au moins 45 à 60 minutes pour la Medrese Burujie elle-même et autant pour les deux sites voisins.